Pendant longtemps, la Finlande a pu se targuer de figurer en tête des pays les plus intègres du monde. Un sentiment confirmé, année après année, par l'indice de perception de la corruption, établi par l'ONG Transparency International, qui attribuait systématiquement la meilleure note à la Finlande. Certes, ses habitants avaient «quelques soupçons», selon la politologue Asa Bengtsson, «mais ceux-ci n'avaient jamais été confirmés». Le grand déballage de ces derniers mois s'en est chargé.
Premières révélations au printemps 2008. Le président du groupe centriste au Parlement reconnaît qu’il n’a pas encore rendu public ses comptes de campagne pour les législatives de 2007. Puisque la loi de 2002 sur le financement électoral ne prévoit aucune sanction, il n’en voit pas l’utilité. Scandale. Le député est forcé d’admettre qu’il a bénéficié des largesses de plusieurs hommes d’affaires, ainsi que d’une mystérieuse association, baptisée Kehittyvien Maakuntien Suomi.
Les médias s'emparent de l'affaire. Ils révèlent, non seulement, que l'association a été créée pour rassembler des fonds pour le Parti centriste, mais qu'elle a reçu 145 000 euros d'une compagnie immobilière, Nova Group, dont le PDG avouera plus tard qu'il pensait qu'une victoire de la droite serait bonne pour ses affaires. «Ce n'était peut-être pas illégal, mais c'était moralement discutable, et surtout cela aurait dû être rendu public», affirme Asa Bengtsson. Nouveau rebondissement en mai. La dire




