Ce qui semble être un grand classique de la politique - un candidat président annonce une politique plus soucieuse des droits de l’homme puis, une fois élu, se tourne vers une politique dite «réaliste» - est-il vrai en ce qui concerne Obama ?
Il est désormais certain que Guantánamo ne sera pas fermée au 22 janvier 2010, comme Obama s’y était engagé, au motif que certains détenus sont estimés trop dangereux pour être libérés, mais qu’on ne peut les juger, faute d’éléments à charge. Quant à ceux qui seront jugés, ils doivent être transférés dans des prisons américaines, ce qui n’est pas encore autorisé par le Congrès. Même si Guantánamo sera bien fermée, même si la torture a été interdite, la prison de Bagram, en Afghanistan, est toujours en activité.
De manière générale, Obama, qui avait justement dénoncé lalatitude extraordinaire accordée à l’exécutif au détriment du législatif et du judiciaire, a rééquilibré les pouvoirs, mais sans renoncer à certaines dispositions qui restreignent les libertés civiles au nom de la sécurité nationale, comme celles du Patriot Act.
En politique étrangère, une sorte de répartition des rôles semble s’opérer graduellement : la Maison Blanche est en première ligne sur les questions les plus épineuses, notamment la situation proche-orientale et l’Iran, tandis que Hillary Clinton semble reléguée aux questions relatives aux droits de l’homme. En témoigne son voyage au Congo, où elle dénonça les viols systématiques subis par les femmes, ou, plus récemme




