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Aide alimentaire de l’ONU : la faille somalienne

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L’assistance humanitaire internationale, sous-traitée à une poignée d’entrepreneurs locaux, pourrait être détournée par les milices islamistes du groupe Al-Shebab.

Des femmes somaliennes attendent une distribution de nourriture à Mogadiscio, le 17 septembre 2009. (Ismail Taxta / Reuters)
ParStéphanie Braquehais
correspondante à Nairobi
Publié le 12/10/2009 à 0h00

«Ici, l'aide humanitaire, on l'appelle le robinet. Le problème, c'est qu'il est rempli de trous, et ce qui arrive à la population n'est plus qu'un mince filet d'eau !» Ce constat cynique dressé par Mohammed, un habitant de Mogadiscio, ancien employé d'une ONG internationale, commence à se répandre au plus haut niveau, parmi les bailleurs de fonds, de plus en plus préoccupés par des allégations de détournement de l'aide alimentaire. Il pourrait bénéficier aux milices islamistes extrémistes Al-Shebab, qui mènent une guérilla acharnée contre le gouvernement de transition soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

Renforcé par des centaines de combattants étrangers, venus de Tchétchénie, du Pakistan, ainsi que des Somaliens de la diaspora des Etats-Unis ou de Suède, Al-Shebab, revendique désormais clairement son affiliation à Al-Qaeda. Une vidéo, intitulée Labaik ya Osama («A ton service Oussama») a été diffusée, il y a deux semaines, sur plusieurs forums jihadistes, montrant des camps d'entraînement et des miliciens au visage entouré d'un keffieh, se battant dans les rues de Mogadiscio. Les milices radicales contrôlent près des trois quarts du pays et les deux tiers des 3,6 millions de personnes qui, selon l'ONU, ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence, se situent dans leur zone d'influence.

Les Etats-Unis, qui ont inscrit Al-Shebab sur la liste des groupes terroristes en février 2008, sont également les principaux financiers de l'aide en Somal

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