Autour de deux fossés à demi remplis d’une eau saumâtre, les animaux tombent d’épuisement avant les hommes. A plusieurs reprises, un âne s’écroule dans la source, le seul point d’eau trouvé depuis plus de cinq jours, tandis que deux éleveurs tentent avec l’énergie du désespoir de le repêcher. A côté d’eux, des femmes continuent, imperturbables, à recueillir dans des jerricans le précieux liquide au cœur des cadavres d’animaux. De quoi abreuver les enfants, les parents et le reste du troupeau encore vivant.
«Depuis que je suis né, je n'ai jamais vu ça. Pas une goutte de pluie, témoigne Peter Lolmongoi, un éleveur de 27 ans. Même les ânes meurent. Nous restons souvent plusieurs jours sans nourriture et sans eau.» Ce Moran (guerrier samburu) vêtu d'une shuka, vêtement traditionnel noué autour de la taille, possédait 150 vaches; seules 15 sont encore en vie. Le seul espoir de ces familles de pasteurs rassemblées à Lolokwe, une trentaine de kilomètres au nord d'Archers Post (nord-est du Kenya), c'est ce marécage, rempli de temps à autre par une société de construction chinoise chargée de bitumer la route à quelques mètres de là et qui, soumise à la pression des communautés, distribue quelques citernes d'eau pour acheter une paix provisoire.
Animaux squelettiques. Au Kenya, après quatre saisons des pluies inexistantes, 3,8 millions de personnes, soit 10 % de la population d'après l'ONU, ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Les communautés p




