Menu
Libération

Aouchev, un défenseur des droits de l’homme assassiné

Réservé aux abonnés

La mort de l’homme d’affaires, tué dimanche, marque la faiblesse du nouveau président.

ParHélène Despic-Popovic
(envoyée spéciale en Ingouchie)
Publié le 27/10/2009 à 0h00

Makcharip Aouchev n’est qu’un nom de plus sur la longue liste de personnalités assassinées pour avoir osé dénoncer les manquements aux droits de l’homme dans le Caucase russe. Homme d’affaires, il s’était fait connaître sur la scène politique en 2007 en organisant des rassemblements contre le régime de Mourat Ziazikov pour protester contre l’enlèvement de son fils et de son neveu. Son assassinat, dimanche, est un coup porté à l’autorité du nouveau président, Iounous-Bek Evkourov, auquel il s’était rallié en raison de sa politique de dialogue. L’an dernier, Aouchev avait repris le site Ingushetia.ru, fondé par Magomed Evloiev, le journaliste d’opposition dont l’assassinat par la police en 2008 avait conduit au limogeage du président Ziazikov, le satrape local protégé de Vladimir Poutine. Evkourov a de justesse survécu à un attentat en juin. Aouchev, lui, avait échappé à une tentative d’enlèvement en septembre.

L'arrivée d'Evkourov à la présidence a été saluée par les défenseurs des droits de l'homme. Quelquefois avec des réserves. Interrogé par Libération au début du mois à Nazran, Timour Bakiev, le chef du bureau de l'ONG Memorial, faisait remarquer qu'«il n'y a plus de contradiction entre le président et la société civile», mais qu'Evkourov «n'a pas réussi à faire que la police n'arrête plus à tort et à travers». Une telle politique, selon lui, «diminuerait les départs dans le maquis des gens qui n'ont plus confiance dans les autorités».

Ev

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique