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Ingouchie, seconde Tchétchénie

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Musulmane comme sa voisine, cette république de la Fédération de Russie subit elle aussi la guerre au terrorisme menée par Moscou, et le lot d’exactions qui l’accompagne.

Des policiers sur les lieux de d'une explosion, le 17 août 2009 à Nazran, en Ingouchie. (© AFP Kazbek Basayev)
ParHélène Despic-Popovic
envoyée spéciale en Ingouchie
Publié le 27/10/2009 à 0h00

L’homme en uniforme de camouflage juché sur le blindé déroule sa cagoule. Bientôt on ne voit plus que ses yeux. Il est 18 heures, l’heure où la très animée république russe d’Ingouchie, la plus petite du Caucase du Nord et du pays, se transforme en lieu de tous les dangers. C’est à cette heure-là que les blindés se font plus nombreux sur la route fédérale, un segment de la future autoroute Moscou-Téhéran. C’est à cette heure-là que commencent les opérations spéciales, ces descentes dans des maisons privées qui s’achèvent bien souvent par des morts et des pleurs.

Ce quartier d'Ordjonikidzevskaïa situé derrière la gare, où la présence d'un blindé stationné depuis deux heures suscite déjà l'émoi, fait partie de ceux que la police inspecte le plus fréquemment. Le gros bourg se trouve en lisière de la Tchétchénie, une région reprise en main par les forces russes après deux guerres dévastatrices. Depuis 2004, Mariem Makhvloïeva a subi 24 perquisitions. Lors de la dernière, le 23 août, les 40 soldats du ministère de l'Intérieur qui ont surgi chez elle, masqués et l'arme au poing, ont tué son fils, Chamyl, âgé de 21 ans, qui venait tout juste de se marier. «Ils nous ont fait sortir de la maison et nous ont fouillés. Ma fille et moi sommes rentrées dans la maison. On a entendu un coup de feu. Ils ont dit qu'il avait essayé de tuer un policier. Comment ? Puisqu'il n'avait pas d'arme et qu'ils l'avaient fouillé. Nous avons retrouvé Chamyl couché mort dans l'étable. Pour mieux donner

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