Le président tunisien n’est pas qu’un dictateur. Avec sa cinquième réélection et ses scores soviétiques, il est une caricature de despote mais Zine el-Abidine ben Ali est, aussi, la parfaite incarnation du dilemme auquel fait face le monde arabo-musulman. Le drame de ces pays est qu’il n’y a rien entre leurs mouvances islamistes et les régimes en place, autoritaires ou dictatoriaux. Il y a, bien sûr, des individus, journalistes ou avocats, enseignants ou syndicalistes, souvent des femmes, qui s’efforcent courageusement, jour après jour, de dénoncer l’arbitraire des uns et le fanatisme des autres, mais le fait est qu’ils ne pèsent guère.
Atomisés, divisés, dans l’incapacité, en tout cas, d’essayer de s’unir et de former des partis sans risquer d’encourir une répression plus grande encore, ils ne constituent, nulle part, une alternative politique susceptible d’ouvrir de nouveaux horizons à leurs peuples. C’est ainsi que les pouvoirs en place peuvent dire «c’est eux ou nous», le statu quo ou la charia, qu’ils peuvent le faire valoir à l’intérieur de leurs frontières comme sur la scène internationale et s’assurer, par là, le double bénéfice d’une connivence occidentale et d’une acceptation, critique mais résignée, de bon nombre de leurs sujets. Tunisienne ou autres, ces dictatures se maintiennent beaucoup plus par la peur de l’islamisme que par la violence policière mais comment en est-on arrivé là ?
Laissons de côté les débats sur l’incompatibilité entre le Coran et la liberté, c




