Pomme de discorde entre la Russie et la Finlande, la Carélie, cédée par Helsinki à l'URSS en 1944, pourrait-elle faire capoter un des projets pharaoniques de Moscou ? C'est la question qui se pose depuis qu'un homme d'affaires finlandais d'origine carélienne a déposé, en août 2008, une demande de permis d'exploration minière auprès du ministère de l'Economie à Helsinki. Surprise : le permis vise l'exploitation de minerais en plein sur le trajet, en Finlande, du gazoduc Nord Stream, que le géant russe Gazprom espère construire sous la Baltique. Cet homme d'affaires et ses trois partenaires assurent qu'ils sont prêts à retirer leur demande… à condition que Moscou entame des négociations avec Helsinki en vue de lui rétrocéder la Carélie. Une idée qualifiée d'«assez idiote» par le représentant de Nord Stream à Bruxelles, Sebastian Sass.
L'avocat des Finlandais, Kari Silvennoinen, dit avoir été contacté il y a quelque temps par un représentant russe. «Il nous a offert de l'argent pour retirer la demande. Aucune somme n'a été spécifiée, mais j'ai eu l'impression que nous aurions pu demander beaucoup, car les Russes sont pressés de commencer la construction du gazoduc.» Ses clients refusent, suggérant l'ouverture de négociations sur la rétrocession de la Carélie.
Ce territoire, situé au nord-ouest de la Russie, reste un point sensible dans les relations entre Moscou et Helsinki. Peuplée historiquement de minorités finnophones, la province est le berceau de l’identit




