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Libération
Reportage

«Nous sommes ici chez nous»

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Les colonies sauvages ne cessent de s’étendre en Cisjordanie, alors que l’influence des sionistes religieux dans les institutions israéliennes s’accroît.

De nouvelles constructions dans la colonie de Givat Zeev, en Cisjordanie, le 26 août 2009. (© AFP Menahem Kahana)
ParDelphine Matthieussent
envoyée spéciale à Havat Gilad (Cisjordanie)
Publié le 31/10/2009 à 0h00

L'étoile de David géante, faite de planches de bois, est visible depuis la route qui serpente entre les lignes de crêtes au sud de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie. Elle marque, tel un avertissement, l'entrée de Havat Gilad («la ferme de Gilad»), une des colonies sauvages qu'Israël a promis aux Etats-Unis de démanteler. Les maisons en préfabriqué sont nichées sur la pente en terrasse d'une crête, face aux collines couvertes d'arbustes secs et d'oliviers qui s'étendent à perte de vue. La colonie, qui compte une vingtaine de familles, est située en plein territoire palestinien, à proximité de plusieurs villages avec lesquels les incidents sont fréquents. A l'entrée de l'implantation, un hangar abrite la petite usine qui approvisionne en maisons prêtes à monter d'autres colonies sauvages de Cisjordanie. Le carnet de commandes est plein : selon le quotidien Haaretz, les colons construisent tous azimuts en prévision d'un accord entre Israël et les Etats-Unis sur un gel des constructions.

Kippa tricotée. A Havat Gilad même, deux maisons finissent d'être construites en vue de l'arrivée de nouvelles familles. «C'est la plus belle chose qu'un Juif puisse faire, de vivre ici, sur la terre que Dieu lui a donnée», martèle Itay Zar, fondateur de l'implantation et propriétaire de la fabrique. La tête couverte de la kippa tricotée, signe distinctif des membres du courant sioniste religieux, favorable à un Grand Israël qui irait de la mer Méditerran

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