La maison de Walid Hamad a un avantage et un inconvénient. L'avantage, c'est que sa bicoque faite de moellons assemblés à la hâte donne sur la mer, ce qui n'est pas rien quand on vit dans cette prison à ciel ouvert qu'est la bande de Gaza. L'inconvénient, c'est que les égouts du camp de réfugiés de Chati se jettent juste là, sans aucun traitement. «L'été, l'odeur est insupportable», se plaint le policier, qui vit là avec sa femme et ses 7 enfants. La mer à ses pieds a la couleur de la boue. «Je ne laisse jamais les enfants approcher du rivage», explique Walid Hassan.
nitrates. A quelques dizaines de mètres, des pêcheurs jettent leurs filets. «Les égouts ? C'est bon pour nous, ça attire le bolti, rigole Ahmed, un pêcheur en parlant du poisson le moins cher et le plus consommé à Gaza. On ne peut pas pêcher au large, Israël nous interdit de dépasser 3 miles nautiques [5,4 km], sinon, leurs vedettes nous tirent dessus.» Pas très sain ces poissons nourris à la sortie des bouches d'égouts ! Ahmed hausse les épaules : «Pendant la guerre, on a survécu au phosphore blanc et aux munitions à l'uranium appauvri, alors la pollution…»
Le problème de l'eau dans la bande de Gaza était déjà aigu avant l'offensive israélienne de janvier, il est devenu dramatique. Canalisations écrasées par les tanks, stations d'épuration endommagées par les bombardements ou à l'arrêt à cause du blocus israélien : le tableau dressé par Saadi




