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Libération

Le coup de poker de Mahmoud Abbas

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Election. En menaçant de jeter l’éponge, le leader palestinien lance un avertissement aux Etats-Unis.

Publié le 07/11/2009 à 0h00

Bluff ou réelle fatigue ? Probablement les deux. En annonçant sa décision de ne pas se représenter aux élections prévues le 24 janvier, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a voulu marquer les esprits et créer un électrochoc. Mais dans les faits, il risque fort de rester en place pendant encore plusieurs mois. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, étant farouchement opposé à la tenue d’élections sans concertation, le scrutin a toutes les chances d’être reporté. Et le mandat d’Abbas, qui a expiré en janvier 2009, de se prolonger.

Le leader palestinien, qui a expliqué vendredi que son annonce n'était pas une «manœuvre», avait déjà fait, à plusieurs reprises, part de son désir de se décharger de ses fonctions, qu'il assimile à un fardeau. L'homme a 74 ans, il est assez lunatique, velléitaire et il n'aime pas la critique. Or elles ont été nombreuses et nourries, ces derniers temps. Notamment après sa surprenante décision, fin septembre, de demander, sous pression israélienne et américaine, le report de l'examen par l'ONU du rapport Goldstone sur la guerre à Gaza, qui embarrassait tout particulièrement l'Etat hébreu, accusé de crimes de guerre.

Cadeau. Vilipendé dans la rue, traité de «traître» par le Hamas, Abou Mazen - son nom de guerre - avait été durement critiqué, jusque dans son parti, le Fatah. Les derniers sondages dans les Territoires le donnent à égalité avec Ismaïl Hanyeh, le Premier ministre du Hamas, lo

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