La junte militaire birmane s'acharne sur la minorité musulmane Rohingya, que Rangoon tyrannise depuis plus d'un demi-siècle. Dernièrement, des centaines d'entre eux ont été réquisitionnés par l'armée pour construire un long mur grillagé de 5 m de haut sur les berges de la rivière Naaf, qui marque la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, selon des témoignages recueillis par le site d'information The Irrawaddy. Ce mur grillagé, érigé par ceux-là même qu'il emprisonne, doit s'étendre sur 230 km (70 km sont déjà bâtis). «Si on ne fait pas ce que nous ordonnent les militaires, on est tabassés ainsi que nos familles», a confié un témoin à la chaîne Al-Jezira. Selon l'ONG Arakan Project, les travailleurs recrutés de force sont «parfois» payés 500 kyats par jour (environ 35 centimes d'euros). Mais presque toujours, ils besognent sous la contrainte.
«Ogres». D'origine bengali, les Rohingyas sont de peau plus sombre que les Birmans, qui les tiennent en piètre estime. «Ils sont vilains comme des ogres», assénait en février dernier le général Ye Myint Aung, consul de Birmanie à Hongkong. Les Rohingyas ont été à maintes reprises victimes de pogroms et chassés de leurs terres. Alors que 750 000 d'entre eux vivent en Birmanie, 400 000 autres ont fui au Bangladesh au fil des ans, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l'ONU (HCR). L'Arabie Saoudite en a accueilli 250 000 dans les années 60. L'hémorragie s'aggrave depuis le début de




