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La mère et les enfants s’installent en Israël, le père travaille en France et fait la navette. Pour maintenir leur niveau de vie, 25% des familles d’immigrants vivent pendant des années dans cet entre-deux.

Publié le 10/11/2009 à 0h00

Sylvie ne pleure plus le dimanche après-midi en accompagnant son mari Patrick à l’aéroport Ben-Gourion, près de Tel-Aviv. Elle le laisse même prendre un taxi collectif depuis leur domicile de Jérusalem. Après plusieurs années de visites hebdomadaires à sa femme et ses trois enfants, années qui s’étaient rapidement transformées en séjours parfois espacés de plusieurs mois, le radiologue a enfin réussi à mettre un pied dans le système de santé israélien. Il partage désormais son temps entre les deux pays : deux semaines dans une clinique de la banlieue parisienne, deux semaines en stage de spécialisation médicale, non rémunéré, dans un hôpital de Jérusalem.

La loi du retour

Sylvie et Patrick, qui préfèrent garder l'anonymat, ont fait leur aliyah - le processus qui permet aux juifs du monde entier de prendre la nationalité israélienne en vertu de la «loi du retour» - en 2003. L'année dernière, environ 2 000 Français sont partis s'installer en Israël, une légère baisse après la vague de départs du début des années 2000 : de 2002 à 2007, l'immigration française avait atteint 3 000 personnes par an. En raison des difficultés d'intégration, de nombreuses familles d'immigrants français décident cependant de garder un pied dans l'Hexagone. Le mari, dans l'immense majorité des cas, conserve son emploi français et fait des allers-retours, plus ou moins fréquents, en Israël pour voir sa famille.

L'«aliyah Boeing», le terme utilisé pour décrire cette forme de nomadisme moderne, tou

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