L'Homme surveillé est un roman autobiographique qui laisse abasourdi. Pourtant vous connaissez par cœur l'histoire qui y est contée. Une histoire où la Vie des autres vous vient immédiatement à l'esprit, même si l'intention de Vesko Branev est ailleurs. Ce qu'il raconte est ni plus ni moins la vie qu'il a connue, jour après jour, durant plus de quarante ans, en Bulgarie. Vesko Branev est bulgare, il a vécu à Sofia qu'il a vu passer sous la coupe soviétique dès 1944... Comme tous les «pays frères», la Bulgarie est devenue communiste, avec à sa tête un parti unique. En clair, une dictature.
Le livre de Branev est une introspection douloureuse et un questionnement lancinant : pourquoi un homme doit-il résister à un Etat totalitaire ? Réponse : pour ne pas perdre son âme, sa dignité d’être humain. Comment y parvient-il ? En refusant obstinément de collaborer avec la police politique - la Sécurité de l’Etat. Toute la qualité du livre est là, dans le récit de ce combat acharné d’un homme solitaire face à un peuple de «mouchards». Un combat absurde, plongé très vite dans un océan kafkaïen, où les situations et les événements prêteraient presque à sourire s’ils n’étaient si brutaux, tragiques, calamiteux.
«C'était si passionnant quand c'était un rêve. Il n'aurait jamais dû devenir la réalité», dit le père de Branev évoquant ainsi le communisme, après la chute du mur de Berlin. Ce père, magistrat à la Cour suprême, a cru aux idéaux communistes même s




