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Berlusconi accusé de frayer avec «la Pieuvre»

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Un repenti dénonce les liens entre le président du Conseil et la mafia sicilienne dans les années 90.

L'enquête sur les attentats de 1993, notamment celui des Offices à Florence, avait été archivée en 1998, mais a pu être rouverte grâce aux déclarations à la justice du repenti Gaspare Spatuzza. (© AFP Vincenzo Pinto)
ParEric Jozsef
Rome, de notre correspondant
Publié le 30/11/2009 à 0h00

Convoqué le 4 décembre au tribunal de Milan pour répondre de l'accusation de corruption de témoin dans une enquête financière, Silvio Berlusconi a fait savoir, par l'intermédiaire de ses avocats, qu'il ne pourrait se rendre à l'audience en raison d'un Conseil des ministres. Mais, le même jour, c'est une affaire encore plus embarrassante qui risque d'éclabousser le chef du gouvernement italien. Depuis une semaine, la presse transalpine rapporte en effet que, vendredi, un mafieux repenti, Gaspare Spatuzza, devrait répéter en public les accusations qu'il a livrées aux magistrats, à savoir que Silvio Berlusconi aurait été lié à «la Pieuvre», la mafia sicilienne. Il témoignera dans le cadre du procès en appel à l'encontre de son ancien bras droit, Marcello Dell'Utri, condamné en première instance à neuf ans de réclusion pour collusion avec Cosa Nostra. Pire encore, l'actuel président du Conseil aurait été dans l'ombre des attentats perpétrés en 1993 par la mafia à Rome, Florence et Milan et qui firent dix morts et une centaine de blessés. «Silvio sous enquête pour mafia», annonçait il y a quelques jours, scandalisé, le quotidien de droite Libero.

«Ce sont des accusations infondées et infamantes», s'est insurgé, samedi, l'intéressé, tandis que le sénateur de droite Gaetano Quagliariello a invité ses collègues à se préparer «à l'entrée en scène de Gaspare Spatuzza».

Sicaire du redoutable parrain Leoluca Bagarella, Spatuzza a notamment été condamné

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