La Suisse est-elle trop démocratique ? En permettant à ses citoyens de s'exprimer dans les urnes sur un thème aussi brûlant que la place de l'islam en Europe, elle leur donne la possibilité de dire tout haut ce que la pudeur interdit ailleurs. Le peuple helvétique a ainsi accepté hier par 57,5 % des suffrages une initiative bannissant la construction de minarets dans la Confédération. Ce vote va entraîner la modification de l'article 72 de la Constitution, qui régit les relations entre l'Etat et les religions. L'interdiction des minarets y sera présentée comme une mesure «propre à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses».
SÉISME. Dès 14 heures, quand les premières estimations sur le résultat de la consultation populaire sont tombées, une onde de choc a traversé le pays. Rien n'indiquait en effet que la proposition de l'UDC (Union démocratique du centre, première force politique en Suisse) avait la moindre chance de passer. Les derniers sondages estimaient en effet que l'initiative ne recueillerait que 30 % d'opinions favorables. Au final, elle en obtient près du double. Seuls les cantons francophones de Genève, Vaud et Neuchâtel ainsi que, côté alémanique, la ville de Bâle, l'ont voté contre. Si le résultat d'ensemble est moins tranché en Suisse romande, le non aux minarets fait un carton en Suisse alémanique, où l'isolationnisme et la peur de l'étranger prévalent.
Pour le parti populiste UDC, que d'aucuns annonçaient




