Pour ses ennemis politiques, il est «l'homme des Américains» ou «l'homme des Juifs». D'autres le décrivent comme un islamiste patenté. En fait Anwar Ibrahim est un islamiste modéré, familier de l'élite internationale. Il est aussi un opposant sous pression. Leader de l'opposition parlementaire, il porte sur ses épaules les espoirs d'une transformation de la Malaisie, dirigée depuis l'indépendance en 1957 par une coalition autour du parti Umno (l'Organisation nationale unie des Malais), en une société harmonieuse où chacune des trois communautés ethniques - Malais (65 %), Chinois (25 %) et Indiens (8 %) - verrait ses droits respectés. «C'est dur d'être dans l'opposition dans ce pays. Vous êtes constamment en état de siège», confie-t-il entre deux séances parlementaires, dans son bureau au quatorzième étage du Parlement. Il parle d'expérience : il a passé six ans en prison entre 1998 et 2004, condamné pour sodomie et abus de pouvoir. Un règlement de comptes politique plus qu'une décision de justice…
«ADN». Le harcèlement n'a pas cessé. Depuis lundi, Anwar Ibrahim est à nouveau devant les juges, poursuivi pour sodomie. Il se dit confiant : «Cette fois-ci, nous sommes bien mieux préparés qu'en 1998. Nous avons des expertises ADN et le rapport médical dit qu'il n'y a pas eu pénétration. Mais la justice peut encore décider que cet homme [Saiful Bukhari Azlan, ancien assistant et principal accusateur d'Anwar, ndlr] dit la véri




