«La vieille politique attend des signaux qu'elle ne recevra pas.» Dès l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle au Chili, dimanche soir, l'ex-député socialiste Marco Enríquez-Ominami, fort des 20,12% de suffrages engrangés sur son nom, a renvoyé dos à dos les deux prétendants au second tour qui se tiendra le 17 janvier.
Alors qu'il se trouve en position d'arbitre entre le démocrate-chrétien Eduardo Frei (29,6% des suffrages) et Sebastián Piñera, champion de la droite avec plus de 44% des voix, le dissident du Parti socialiste a estimé que «Frei et Piñera se ressemblent trop. Aucun ne représente l'espérance d'un pays différent». Il s'est donc refusé, pour l'instant, à appeler à voter pour l'ancien et très austère président Frei (1994-2000), qui a laissé un souvenir pour le moins contrasté.
Le Chili se retrouve dans une situation inédite après vingt ans de pouvoir de la Concertation des partis pour la démocratie, une alliance - qui va des démocrates-chrétiens à la gauche non communiste - constituée pour s’opposer à la dictature du général Augusto Pinochet. Bien que majoritaire dans le pays si l’on additionne les voix obtenues par Frei, Enríquez et le candidat des communistes, Jorge Arrate (6,21%), la gauche pourrait céder le palais de la Moneda, siège de la présidence, à l’homme d’affaires de droite Sebastián Piñera. Un paradoxe d’autant plus humiliant que l’actuelle présidente, Michelle Bachelet, jouit d’une popularité de plus de 76%




