En chinois, Zhenhu signifie «véritable tigre». Feng Zhenhu porte bien son nom. Depuis le 4 novembre, ce Chinois de 55 ans est tel un tigre en cage dans le hall des arrivées du terminal 1 de l'aéroport de Tokyo-Narita. Bien qu'il soit citoyen chinois, son pays l'a déclaré persona non grata en juin. A chaque fois qu'il débarque à l'aéroport de Shanghai, il est refoulé en toute illégalité et renvoyé au Japon, où il a de la famille, et où il détient un visa de travail de trois ans.
Depuis cinq semaines, pour protester contre son sort, il fait le siège dans un hall de Narita. Joint hier sur son téléphone, Feng Zhenhu explique son calvaire : «Ces derniers mois, j'ai été quatre fois renvoyé de force au Japon en débarquant à l'aéroport de Pudong. A chaque fois, dès que j'atterris, on m'arrête et on me remet dans un avion pour Tokyo. La situation est telle, maintenant, que les compagnies aériennes ANA, Northwest ou China Airlines refusent de me vendre des billets. Ces compagnies subissent des pressions pour ne pas que je monte à bord de leurs appareils.»
Exil forcé. En théorie, la Chine ne peut empêcher un de ses citoyens d'entrer sur son territoire. «Le droit international implique pour chacun le droit au retour. La Chine est sans doute le seul pays à agir ainsi à l'égard de ses opposants, souligne Sonoko Kawakami, d'Amnesty International Japon. Des dizaines de dissidents, dont beaucoup ont été impliqués dans les événem




