Oum Nabil al-Kurd, 85 ans, a passé des nuits entières assise sur une chaise en plastique, à monter la garde devant la maison qu'elle a faite construite pour son fils. Peine perdue. Il y a une quinzaine de jours, après la décision d'un tribunal israélien en leur faveur, des Juifs nationalistes religieux ont pris possession de l'habitation, qui jouxte la sienne à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est, où les évictions de familles palestiniennes se sont multipliées ces derniers mois. «C'est l'enfer qui commence», commente Oum Nabil, les yeux embués de larmes sous ses rides. «Je n'aurais jamais imaginé tomber si bas», poursuit-elle, ajoutant qu'elle craint maintenant pour sa propre maison, où 12 membres de sa famille s'entassent.
Propriété. Originaire de Haïfa, Oum Nabil se réfugie à Amman (Jordanie) en 1948, à la création d'Israël. En 1956, l'organisation de l'ONU pour les réfugiés palestiniens leur attribue une maison à Sheikh Jarrah, alors sous contrôle de la Jordanie, qui leur donne un titre de propriété. Mais, à l'issue d'une longue bataille légale, une organisation juive religieuse est parvenue cette année à faire valoir des titres de propriété remontant à la fin du XIXe siècle et à faire expulser trois familles palestiniennes de Sheikh Jarrah.
La famille al-Kurd est la dernière victime de cet effort des Juifs nationalistes pour étendre leur présence au sein du quartier arabe. Les Palestiniens et la communauté international




