Sous l'immense sapin de Noël de la place Saint-Pierre, le pape Benoît XVI a déposé samedi trois cadeaux, dont un empoisonné. Dans un communiqué, le souverain pontife a annoncé, dans un même élan, la prochaine béatification du père polonais Jerzy Popieluszko, assassiné en 1984 par la police politique communiste, proclamé «vénérable» le très populaire Jean Paul II mais aussi le très controversé Pie XII qui fut sur le trône de Saint-Pierre durant la Seconde Guerre mondiale. En signant le décret sur les «vertus héroïques» de ses deux prédécesseurs, Benoît XVI a conclu la dernière étape avant leur béatification, qui pourrait intervenir courant 2010. Si la décision concernant Karol Wojtyla correspond à la volonté d'innombrables catholiques qui, le jour de l'enterrement du pape polonais, le 8 avril 2005, avaient scandé «Santo subito !» («tout de suite sanctifié»), celle de ressortir le dossier de Pie XII provoque une franche incompréhension, notamment chez les Juifs.
Accélérateur. Alors qu'il avait, il y a deux ans, gelé le procès en béatification de Pie XII, accusé d'être resté muet durant la Shoah, Joseph Ratzinger a pris l'initiative de donner, à l'improviste, un coup d'accélérateur à son accession à la sainteté. Qui plus est, en célébrant en même temps les vertus héroïques de Jean Paul II et de Pie XII. «L'un est le pape le plus aimé des Juifs, l'autre le plus contesté», faisait remarquer hier matin le Corriere della Sera<




