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Reportage

A Vukovar, le temps de la concorde

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Quinze ans après la fin des conflits, Serbes et Croates réapprennent à vivre ensemble dans cette ville symbole de la guerre en Croatie. Où sont organisées ce dimanche des élections présidentielles.

Dans le cimetière de Vukovar (Nikola Solic / Reuters)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Vukovar
Publié le 26/12/2009 à 0h00

Dans la ville croate martyre de Vukovar, symbole de la folie meurtrière qui avait dressé les uns contre les autres Serbes et Croates pendant la dernière guerre (1991-95), chaque nouvelle construction insuffle l’espoir qu’un vivre ensemble est toujours possible. Cette année, le clou des fêtes de Noël sera la nouvelle patinoire à ciel ouvert. Elle a trouvé sa place en face de la mairie rénovée aux vitres rutilantes et de l’immeuble délabré des partis et de la presse, un édifice de style austro-hongrois que les milliers d’obus serbes tombés pendant la guerre ont dépecé à la manière des dentelles de pierre du gothique flamboyant. C’est un don du Parti social-démocrate (SDP), dont le candidat part favori en cette présidentielle de ce dimanche.

En poupe, ce parti a pour la première fois depuis la fin de la guerre arraché la mairie de Vukovar des mains des nationalistes de la Communauté démocratique croate (HDZ), qui la dirigeaient depuis plus de dix ans. «Enfin, les jeunes Serbes et les jeunes Croates vont avoir un endroit où s'amuser ensemble. Et, s'ils se disputent, ce sera pour les yeux d'une belle, comme c'était le cas quand j'étais adolescent», dit Zeljko Sabo, le nouveau maire social-démocrate d'origine hongroise. Elu, le reconnaît-il, grâce à un afflux de voix serbes qui ont déserté leur traditionnel parti communautaire, le SDSS (Parti serbe démocratique autonome), au profit du Parti social-démocrate, qui n'a pas d'attribut national (ni le S de serbe ni le H de croa

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