Ils ne pourraient pas dire combien de fois ils ont composé ces numéros de téléphone. Haïtiens vivant en France, français d’origine haîtienne, ils ont tenté toute la journée - souvent toute la nuit aussi - de prendre des nouvelles de leurs proches, famille ou amis, depuis les premières informations sur le séisme qui a touché l’île caribéenne, peu après 23 heures, heure française, mardi. Les trois réseaux de téléphonie étant endommagés, les infos tombent au compte-goutte. Dans le meilleur des cas. Sinon, c'est silence radio.
Dans l'après-midi, Violande Glaude, vice-présidente de l'Association des femmes haïtiennes de France, restait «dans l'attente». Sa famille vit à Port-au-Prince et à Cayes, «là où ça chauffe apparemment». Mais le téléphone sonne dans le vide. «Là-bas, beaucoup de bâtiments sont détruits», explique-t-elle, en s'avouant «un peu démunie». Du coup, les chaînes françaises d'information en continu tournent en boucle, ainsi que CNN. Des images parviennent aussi «de médias à Miami ou à Boston, où vivent de grosses communautés haïtiennes». Mais «il y a trop de bruit, trop d'agitation» pour apercevoir qui que ce soit.
«Aucune communication ne passe»
Sherlie, 30 ans, née à Port-au-Prince et arrivée en France à l'âge de 4 ans, scrute elle aussi l'écran. «Vous vous rendez compte: le palais présidentiel, qui avait résisté à nombre de cyclones, a été détruit. J'espère que la maison familiale aura résisté.» Cette Parisienne n'a pas non plus de




