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Interview

«Monter un hôpital en trente-six heures»

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Jean-Hervé Bradol est membre du centre de réflexion de Médecins sans frontières :

Publié le 14/01/2010 à 0h00

Ex-président de MSF (Médecins sans frontières), aujourd’hui membre du centre de réflexion de l’association, Jean-Hervé Bradol évoque les priorités des humanitaires face à une telle catastrophe.

Quels sont les principaux obstacles à surmonter pour porter secours aux victimes ?

Le premier a trait à la communication : les réseaux satellite sont saturés. Pour joindre nos équipes sur place, nous avons utilisé des communications par ondes radios. Nous avons conservé ce moyen de communication pour faire face, précisément, à ce genre de situation. Ensuite, sur le terrain, les secouristes doivent faire attention aux risques d’éboulements et d’effondrements des bâtiments fragilisés. En Haïti, cette préoccupation se double d’un problème de sécurité spécifique lié aux violences et aux pillages.

Allez-vous devoir solliciter une escorte militaire pour mener à bien vos missions ?

Nous pensons, chez Médecins sans frontières, qu’on s’en sort mieux en se faisant identifier comme secouristes indépendants de toute force armée. C’est ce qui nous a permis, jusqu’à présent, de travailler dans des quartiers très difficiles de la capitale, Port-au-Prince. Mais il est clair que l’aéroport, un lieu pivot pour l’acheminement de l’aide, doit être sécurisé par les forces internationales.

Vos équipes sur place ont-elles été affectées par le séisme ?

En Haïti, les sections de MSF (France, Belgique et Pays-Bas) gèrent trois établissements. Le nôtre, un hôpital chirurgical situé à Port-au-Prince, a été en partie détruit. Nous savons que certains de nos patients sont morts. Nous n’avons que peu d’infos concernant nos expatriés, au nombre d’une quarantaine, et les centaines de personnels locaux. Or pour secourir, il faut d’abord se secou

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