Menu
Libération
Portrait

Les Frères musulmans changent de tête

Réservé aux abonnés

Publié le 18/01/2010 à 0h00

Nom : Mohamed Badei. Fonction : nouveau guide suprême des Frères musulmans. Signe particulier : islamiste, ascendant conservateur. En l’élisant, samedi, à la tête de leur puissante confrérie, les Frères musulmans achèvent de placer leur organisation sous une tendance «dure». La conséquence d’une bataille acharnée qui a vu s’opposer la vieille garde, militant pour le respect des fondamentaux, comme le retour au califat islamique et la prédication, et la jeune garde réformatrice, qui plaide, elle, pour une intégration dans le paysage politique, quitte à des concessions et des alliances avec l’opposition. Ancien responsable des questions idéologiques au sein de l’organisation interdite mais tolérée, Mohamed Badei, 67 ans, est un proche de l’ancien guide, Mohamed Akef, avec lequel il partage la même inclinaison pour les thèses du théoricien Sayyed Qotb, exécuté en 1966.

Accusé d’avoir participé à un complot en 1965, Mohamed Badei a été emprisonné neuf ans, puis libéré dans le cadre d’un accord passé par Anouar el-Sadate avec les islamistes. Son arrivée à la tête des Frères musulmans intervient à une période critique : depuis les législatives de 2005, où la confrérie, entraînée par les réformateurs, a remporté son plus grand succès, avec l’entrée de 88 députés (indépendants) au Parlement, les islamistes font face à une répression sévère. Plus de 400 frères sont actuellement emprisonnés. Parmi eux, des personnages-clés, tel Khayrat el-Chater, l’un des adjoints du guide suprême, sou

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique