Après six jours de silence, ce qui lui a valu la colère de la population, le président René Préval a tenu hier une conférence de presse. Puis il a accordé une interview à Libération et au Figaro. A 67 ans, il a été à deux reprises président. Cet ancien proche d'Aristide entamait sa dernière année de mandat lors du séisme.
Les troupes américaines ont atterri au palais présidentiel et se déploient dans votre capitale. C’est une invasion amicale ?
Ce sont des soldats du génie, des ingénieurs, des médecins et ceux qui peuvent assurer la protection des transports et des travaux. Nous travaillons en coordination avec eux et en coordination avec la mission des Nations unies [la Minustah, ndlr]. Les Américains ne font pas partie de cette mission. Mme Clinton est venue cette semaine et m'a demandé si j'étais d'accord pour que les militaires américains des corps de spécialité que je vous ai indiqués puissent venir aider. Je lui ai dit oui. C'est dans ce cadre que cela s'est fait. On a commencé avec 3 500 soldats et cela va augmenter éventuellement, selon les besoins. Nous n'avons aucune douleur ni blocage idéologique pour recevoir l'aide des Vénézuéliens, des Cubains ou des Français.
Nombre d’observateurs disent que votre cabinet est incapable de faire face à cette crise…
Ce sont des ignorants. Ce qui est arrivé en une minute ici est l’équivalent d’un pays en guerre qui aurait subi des bombardements pendant plusieurs jours. C’est vrai : l’Etat n’était pas fonctionnel. Mais nous avons rétabli plus ou moins le téléphone, les routes sont nettoyées et plus de 70 000 cadavres ont été enlevés. Au fur et à mesure, avec l’aide internationale, les choses s’améliorent.




