Certains voient Robert Park en missionnaire, d'autres en suicidaire. Le 24 décembre, ce Coréen-Américain de 28 ans, originaire de Tucson, dans l'Arizona, est entré sans visa en Corée du Nord depuis la Chine, en franchissant le fleuve Tumen, gelé à cette époque de l'année. Son but : «porter une lettre destinée à Kim Jong-il, réclamant sa démission et la libération de tous les Nord-Coréens détenus dans les camps du pays», selon le responsable d'une ONG sud-coréenne active dans l'aide aux réfugiés nord-coréens. Un voyage qui risque d'être sévèrement puni.
Dans sa lettre à Kim Jong-il, Park écrivait : «Ouvrez, s'il vous plaît, vos frontières afin que la nourriture, les médicaments et les produits de première nécessité parviennent à ceux qui luttent pour survivre. Fermez, s'il vous plaît, vos camps de concentration et libérez vos prisonniers politiques, laissez les équipes de soin prendre en charge ceux qui ont été torturés et traumatisés.» Avant d'entrer en Corée du Nord, Robert Park avait prévenu l'agence Reuters de l'action qu'il planifiait. Il s'était dit prêt «à être exécuté, si cela devait encourager les gouvernements du monde entier à agir pour défendre les droits de l'homme en Corée du Nord».
Aux Etats-Unis, ses proches craignent qu'il ne puisse plus jamais revenir en Corée du Sud ou aux Etats-Unis. A Séoul, ceux qui le connaissent décrivent un «passionné»,«un homme de Dieu», ardent défenseur des droits civiques et humai




