Il parle tant qu'on ne l'entend plus. Il s'est tellement contredit qu'on ne prête plus guère attention à ce qu'il dit mais il faut, pourtant, lire ce discours qu'a prononcé Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, à Davos. Ne dites pas non. Ne haussez pas les épaules. Allez le lire sur le site de l'Elysée car cette charge - c'en était une - contre le «dérapage de la mondialisation» et une «vision du monde qu'il faut,a-t-il dit,corriger», marque une accélération spectaculaire du recul des dogmes libéraux. Elle est d'autant plus frappante que la colère qu'on y sentait contre l'inconscience de l'argent s'entendait, le même jour, dans le discours de Barack Obama sur l'état de l'Union.
Lui aussi s'en est directement pris à l'impudence des «institutions financières» et à ce modèle d'expansion «où le revenu moyen des foyers américains a décliné et où la prospérité était fondée sur la spéculation financière». L'un faisait écho à l'autre. Tous deux dressaient des constats que seuls faisaient, il y a trois ans, les altermondialistes ou des économistes dissidents comme Joseph Stiglitz et Paul Krugman auxquels leur dénonciation du marché roi avait fini par valoir le Nobel. La roue tourne, dans un lent cheminement d'idées qui paraît toujours plus irréversible.
Avant la faillite de Lehman Brothers, il n'y avait plus de décideurs, même à gauche, pour contester les slogans de la «révolution conservatrice» sur l'Etat qui «n'est pas la solution mais




