Aussi dévastatrices qu’elles soient, les crises ont du bon. Celle de Wall Street a mis des millions de personnes au chômage, démultiplié l’endettement public et contraint les Etats à devoir, bientôt, réduire leurs investissements et leurs prestations sociales. Les dégâts sont considérables mais, après avoir mis à mal les dogmes libéraux et remis Keynes au cœur des débats, ébranlé le secret bancaire et les paradis fiscaux, imposé le retour de la puissance publique comme acteur économique et permis de contester les revenus des grands patrons, cette crise met maintenant l’Europe au pied du mur.
Loin de se laisser oublier, la tourmente de 2008 oblige les trois puissances européennes, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, à admettre qu’elles ne peuvent pas plus peser seules dans un marché mondialisé que face à la Chine ou aux Etats-Unis. Mois après mois, elle les conduit à envisager d’affirmer cette Union qu’elles ne voulaient pas laisser exister sur la scène internationale tant elles craignaient qu’elle ne leur fasse de l’ombre.
Paris, Londres et Berlin n’ont jamais tant parlé de coordonner les politiques économiques de l’Union et cette perspective ne fait plus hurler ces petits pays européens qui se musclaient, hier, grâce au dumping fiscal et découvrent, aujourd’hui, les vertus de la solidarité.
Trop lentement, mais sûrement, les approches des vingt-sept capitales ont bougé et le mouvement ne cesse plus de s'accélérer. En un rien de temps, les attaques spéculatives contre




