Comme prévu et comme annoncé, l'Iran a démarré hier l'enrichissement à 20% de son stock d'uranium, sous les yeux des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique présents dans l'usine de Natanz (centre du pays). Téhéran a l'intention de produire «3 à 5 kilos d'uranium enrichi par mois», selon Ali Akbar Salehi, directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. Cette production est officiellement destinée au réacteur de recherches de Téhéran, à visées médicales, mais le passage d'un uranium enrichi de 5 à 20% marque un saut qualitatif important sur la voie de la bombe atomique, qui nécessite une matière fissile enrichie à 90%.
Tout en se voulant rassurants sur la capacité à court terme de l'Iran à transformer l'uranium enrichi en combustible nécessaire à la fabrication d'une bombe, les Occidentaux haussent le ton. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, tirant les conclusions de l'échec de la main tendue par Barack Obama il y a bientôt un an, s'est prononcé pour des sanctions «dans les semaines à venir, pas dans les prochains mois». Bernard Kouchner a estimé lundi qu'il était temps d'adopter des «sanctions fortes». Moscou, lassée des volte-face iraniennes, campe sur une ligne plus dure et s'interroge ouvertement sur la «sincérité» iranienne. Mais l'adoption d'un nouveau train de sanctions à l'ONU, qui serait le quatrième, bute sur la réticence, voire l'hostilité, de la Chine. Pékin n'est pas le seul obst




