La classique surenchère de déclarations belliqueuses pourrait bien, cette fois, déboucher sur une offensive majeure. Ces derniers jours, des centaines de civils ont fui Mogadiscio tandis que les insurgés islamistes affluent vers la capitale somalienne. Le fragile gouvernement de transition ne cesse, en effet, d’annoncer une contre-attaque de grande ampleur contre les milices extrémistes Shebab, qui ont, ces derniers jours, renforcé leurs positions à Mogadiscio.
Le gouvernement ne contrôle que quelques quartiers de sa propre capitale, essentiellement grâce l’aide de l’Amisom, la force de maintien de la paix de l’Union africaine, composée de 5 000 soldats. Car, en vingt ans de guerre civile, l’armée somalienne a cédé la place à des milices locales menées par des chefs de guerre obéissant à des logiques claniques et poursuivant des intérêts économiques.
Les - rares - soldats somaliens sont la plupart du temps sans uniforme, chaussés de sandales, et passent leur temps à piller et rançonner les civils pour pallier les salaires qu'ils touchent rarement. Une fois blessés, ils ne peuvent que s'en remettre à la chance pour survivre. «C'est difficile de savoir pourquoi on se bat, et on sait que personne ne viendra nous aider une fois qu'on est touché», nous a déclaré Abdi, un soldat blessé d'une vingtaine d'années, rencontré dans un hôpital de Mogadiscio.
«Peur de mourir». Depuis des mois, les pays voisins de la Somalie, inquiets de la montée en puissance des Sh




