Reconstruire ? La facture pourrait se monter à 14 milliards de dollars (10,5 milliards d’euros) selon l’estimation publiée hier par la Banque interaméricaine de développement (BID). Il y a un peu plus d’un mois, un séisme ravageait la capitale haïtienne, Port-au-Prince, causant 220 000 morts, 1,2 million de sans-abri et détruisant 55% du PIB du pays, ce qui en fait, à l’échelle du pays, la pire catastrophe humanitaire de l’histoire contemporaine. Alors que Haïti et ses habitants vivent encore dans une phase d’urgence extrême, renforcée par l’arrivée de la saison des pluies, qui a causé l’effondrement d’une école à Cap-Haïtien, dans le nord, la question de la reconstruction et de ses modalités se pose déjà. Le 31 mars, un sommet des «pays amis d’Haïti» doit se tenir sur ce thème, sous l’égide des Nations unies, à New York. Elle fait suite à une première réunion d’urgence, le 25 janvier à Montréal, où étaient déjà apparus quelques désaccords et discordances. La reconstruction d’Haïti fait, en effet, l’objet d’une surenchère à la visibilité et à l’influence diplomatiques, dont l’île pourrait pâtir à terme.
Vieux bastion francophone mais entretenant des relations compliquées avec la France - à tel point qu’aucun président n’avait jugé bon d’y venir depuis l’indépendance, il y a plus de deux siècles - Haïti appartient aussi à la sphère d’influence américaine. Sans compter le Canada, qui abrite une vaste diaspora, et l’Amérique latine, à commencer par le Brésil, qui supportent mal




