Pour gagner, encore faut-il savoir ce que l'on veut, le dire et s'en donner les moyens. C'est la condition sine qua non du succès, non pas une garantie de réussite mais le point de départ de toute politique, celui qui manque, aujourd'hui, dans trois, au moins, des crises internationales.
Premier exemple, Bernard Kouchner vient de relancer l'idée d'une «reconnaissance immédiate» de l'Etat palestinien, «avant même la négociation sur les frontières», a-t-il dit au Journal du dimanche. On voit bien ce qu'il a en tête. Il s'agirait de transformer l'occupation des Territoires palestiniens en occupation d'un Etat membre de l'ONU et de la rendre ainsi plus illégale encore afin de précipiter la réouverture de vrais pourparlers. C'est sympathique, généreux, audacieux mais cela ou rien, c'est la même chose car, pour avancer sur cette voie, encore faudrait-il que les vingt-six autres Etats de l'Union européenne soient disposés à l'emprunter, que les Etats-Unis suivent, que le Hamas et le Fatah se soient déjà réconciliés et présentent un front uni - que les conditions de cette reconnaissance internationale soient, en un mot, réunies.
Il n'est pas mauvais d'agiter cette idée. Cela encourage le Premier ministre palestinien à continuer à traquer la corruption en Cisjordanie, à y contrôler l'usage de l'aide internationale et à y stimuler la croissance économique qu'il a déjà réussi à spectaculairement développer. Salam Fayyad construit l'Etat palestinien ava




