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Analyse

La nouvelle alliance franco-russe

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La visite de trois jours du président Medvedev à Paris scelle le revirement de la politique française vis-à-vis de Moscou.

Dmitri Medvedev à Zavidovo, près de Moscou, le 16 janvier 2010 (AFP Vladimir Rodionov)
Publié le 01/03/2010 à 0h00

Critiquée pour son action en Tchétchénie ou en Géorgie, la Russie est revenue en odeur de sainteté à l’Elysée. C’est en grande pompe que Nicolas Sarkozy accueille aujourd’hui son homologue russe, Dmitri Medvedev, pour une visite officielle de trois jours à l’image de la relation privilégiée que Paris assure vouloir désormais entretenir avec Moscou. On parlera sécurité, notamment à propos du nucléaire iranien, économie et énergie avec de gros contrats à la clé, mais aussi culture avec une exposition au Louvre sur la sainte Russie. C’est donc la Russie éternelle que reçoit la France, celle des ballets classiques et des icônes, en cette année croisée de la Russie en France et de la France en Russie.

Illusion. Mais cette Russie de Medvedev est aussi celle de Poutine, même si le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, pense que Medvedev offre à son pays un avenir plus «prometteur».«La génération Medvedev, c'est quand même autre chose que Vladimir Poutine», a-t-il confié récemment à des journalistes. «Medvedev a un discours plus ouvert, plus sympathique pour les Occidentaux, mais qui débouche sur quoi ? s'interroge la politologue Anne de Tinguy. Moi aussi j'ai lu trois fois le discours où il fait des critiques très justifiées sur l'état du pays. Je me suis dit : c'est le nouveau Gorbatchev. Ce sont les Russes qui me disent : "Mais qu'a-t-il fait ?"» Si la France a besoin, pour justifier ses choix, d'opposer un bon Medv

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