Qui est donc cet homme pour lequel la France déroule le tapis rouge, faisant fi des violations des droits de l’homme et des conflits dans le Caucase ? On connaît l’image de cyber-président de Dmitri Medvedev, qui communique via blog et podcast : c’est celui qui réclame la modernisation du pays ou une réforme de la justice. On le connaît moins dans son rôle de chef des armées, celui qui, au début du mois dernier, a proclamé une doctrine militaire qui considère l’Otan comme le principal danger extérieur pour la Russie. Le chef d’une armée qui viole le pacte qu’il a signé en 2008 avec Nicolas Sarkozy sur le retrait des forces russes de Géorgie.
Air martial. Deux ans après son élection à la tête de l'Etat russe, l'ancien dauphin de Vladimir Poutine, son mentor devenu son Premier ministre, semble s'être mieux coulé dans ses habits présidentiels. Il a laissé tomber sa petite sacoche d'élève affairé et a appris à poser, l'air martial. Et la blague qui avait fait rire tout Moscou lors de son arrivée au pouvoir semble déjà appartenir au passé : «Pourquoi Poutine a-t-il choisi Medvedev pour lui succéder ? - Parce qu'il n'a trouvé personne d'autre qui mesurait 5 centimètres de moins que lui.» Poutine, banni du dernier scrutin parce qu'il avait accompli deux mandats, fait mine de vouloir lui succéder lors de la prochaine présidentielle en 2012 et peu de Russes croient que Medvedev peut changer le pays. Officiellement, la Russie est dirigée par un tandem, même si




