Il n’y a pas d’affaire plus emblématique de ce qu’est la Russie d’aujourd’hui que l’affaire Ioukos. Sept ans après l’arrestation de son patron, Mikhaïl Khodorkovski - jadis l’homme le plus riche du pays, aujourd’hui son prisonnier politique le plus connu -, l’affaire débarque à Strasbourg, où les juges européens examinent aujourd’hui une plainte de la société pétrolière Ioukos contre l’Etat russe. Le dédommagement que réclament les ex-actionnaires de la firme envoyée à la casse pour satisfaire les appétits de pouvoir du Kremlin s’élève à 67 milliards d’euros, la plus grosse somme jamais réclamée devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ce tribunal est le dernier recours des citoyens de Russie (Tchétchènes et autres Caucasiens du Nord inclus) victimes d’un déni de justice. Des milliers de plaintes y sont déposées chaque année. Seul un petit pourcentage est déclaré recevable. Tel a été le cas de la requête de Ioukos, acceptée l’an dernier au grand dam de Moscou.
maltraités. Cette audience qui donnera lieu plus tard à un jugement en délibéré n'est qu'un hors-d'œuvre avant l'examen des multiples procédures déposées à Strasbourg par l'infatigable avocate de Mikhaïl Khodorkovski, Me Karinna Moskalenko. Celle-ci a présenté trois plaintes au nom de l'ancien chef d'entreprise, arrêté en 2003 et condamné en 2005 à huit ans de prison pour fraude fiscale, et de nouveau jugé depuis 2009 à Moscou, cette fois pour vol de pétrole. La première plaint




