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Islande, la dette dans les urnes

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L’île s’exprimera demain par référendum sur le remboursement de 3,8 milliards d’euros au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, suite à la faillite bancaire de 2008. Un scrutin discordant avec les négociations entre les trois pays.

Un drapeau européen barré d'une croix lors d'une manifestation contre la crise financière à Reykjavik, le 22 novembre 2008 (AFP Halldor Kolbeins)
Publié le 05/03/2010 à 0h00

Les Islandais vont-ils faire leur dette de mule ? Ils s’étaient laissés gagner par l’ivresse de l’argent facile, consommant à tout va (voyages, 4x4, appartements neufs), multipliant pour cela les emprunts, et tellement sûrs de la supériorité de leur monnaie (la couronne islandaise) qu’ils contractaient des crédits en devises étrangères (yens, francs suisses). Maintenant, ils sont criblés de dettes. Comme cette jeune femme, dont l’emprunt immobilier est passé de 11 à 23 millions de couronnes (63 000 à 130 000 euros, + 110%) depuis que la monnaie s’est effondrée, emportée dans le naufrage du système bancaire islandais à l’automne 2008. Après la stupeur et la colère vient le temps du ressentiment. C’est lui qui pourrait conduire les Islandais à voter massivement «non» au référendum prévu demain. Un scrutin dont les plus à cran résument ainsi l’enjeu : l’Islande doit-elle oui ou non payer ses dettes ? Sauf qu’en réalité la question est nettement plus complexe.

C’est le président de la République, Olafur Ragnar Grimsson, qui a voulu ce référendum. Une décision prise sous la pression d’une pétition signée par 60 000 Islandais, près d’un tiers de l’électorat. Cela embarrasse considérablement le gouvernement de gauche de Johanna Sigurdardottir, aux affaires depuis un an, qui a tenté tout ce qu’il a pu pour éviter ce référendum.

contribuable. La question posée est ardue. Elle porte sur une loi qui autorise l'Etat islandais à rembourser 3,8 milliards d'euros (soit 40%

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