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Libération
Reportage

Rencontre dans le couloir de la mort

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En 2009, «leMag» a publié deux chroniques de Roger McGowen, condamné en 1987. Mi-février, un parloir a été accordé, 45 minutes bousculées par les mots et les rires.

Publié le 06/03/2010 à 0h00

Lorsqu'il décroche enfin le téléphone pour me parler derrière la vitre de sa cage, McGowen a un sourire éclatant : «Salut, moi c'est Roger. Je suis content de voir votre tête après tout ce courrier.» Dans son dos, la porte en acier grillagée s'est refermée. Un garde fait les cent pas dans le corridor côté détenus ; l'attaché de presse de la prison s'assoit quelques chaises plus loin, dans mon dos.

Deux gardes ont escorté le condamné depuis le couloir de la mort. Ils ont attendu de l'avoir bouclé dans son demi-mètre carré pour lui ôter ses menottes par une trappe dans la porte. Sur leur uniforme, ils portent des gilets de protection anti-couteaux. Roger, lui, est vêtu d'un tee-shirt blanc sous une camisole blanche. C'est l'uniforme des prisonniers, explique-t-il d'emblée en montrant les liens qui la ferment, curieusement gêné par sa tenue : «Avant, au moins, on avait des boutons. Ils ont dit que ça gênait les détecteurs. Maintenant, on ressemble à des fous.» Il a l'air dégoûté mais ajoute en riant : «Si au moins on était dans un hôpital, on serait soigné quand on est malade.»

«Pardon, mais j’ai coché la mauvaise case»

Pourquoi soigner des hommes destinés à être exécutés ? Roger McGowen «vit» dans le couloir de la mort du Texas depuis vingt-trois ans. Il n’est pas le plus ancien : vingt hommes patientent depuis encore plus longtemps. Au total, 332 condamnés attendent leur exécution dans la Polunsky Unit de la prison de Livingston, située à 100 kilomètres au nord de Houston. Ainsi que dix femmes

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