Dénoncer la Chine, c'est l'un des rares sujets qui permette encore au Congrès américain de retrouver son mordant : mardi la Chambre des représentants a adopté à la quasi-unanimité (412 voix pour et 1 seule contre) une résolution condamnant la «persécution» du mouvement Falungong par les autorités chinoises.
Républicains et démocrates, qui sont à couteaux tirés à la veille d'une consultation très tendue sur la santé, ont voté comme un seul homme, à l'exception du «libertarien» Ron Paul, un républicain qui s'oppose par principe à toute ingérence dans les affaires d'un autre pays. La républicaine Ileana Ros-Lehtinen, qui a initié cette résolution, a été - à son habitude - particulièrement féroce : «Pékin s'adonne à la répression barbare d'une partie de ses citoyens simplement parce qu'ils cherchent à pratiquer une discipline spirituelle pacifique», a-t-elle lancé. Revenant sur les accusations de prélèvements d'organes qui auraient été effectués sur des détenus Falungong, elle a comparé ces «pratiques barbares» à celle des «Romains qui jetaient les martyrs chrétiens pour les faire manger par les lions».
Cette résolution, la quatrième votée par la Chambre depuis 2003 pour condamner la répression du Falungong, n'a pas d'effet contraignant pour le gouvernement américain, mais elle servira de «modèle» pour les autres démocraties occidentales et de «réconfort» pour les adeptes du mouvement en Chine, se félicitent leurs défenseurs.
Ap




