Jacques Massey, journaliste, a signé en février «ETA, histoire secrète d'une guerre de cent ans» chez Flammarion. Il revient sur la fusillade de mardi à Dammarie-les-Lys entre indépendantistes basques espagnols et policiers français.
Comment analysez-vous cet événement qui a coûté la vie à un policier français?
On est dans une période où il y a un débat assez fort au sein de la mouvance radicale basque (ETA, partis politiques, associations...) sur l'opportunité ou non de continuer la lutte armée. Avec une majorité qui semble répondre par la négative à cette question. D'une certaine manière, cette fusillade place les participants à ce débat devant le fait accompli. Même s'il n'y a jamais de bon moment pour tuer un policier, cette affaire survient à la pire époque pour le mouvement indépendantiste basque.
Avez-vous été surpris par le déroulement des faits?
Tout ce qu'on peut dire, c'est que pour s'échapper, les autres membres du commando n'ont pas hésité à tirer. Mardi soir, le problème de l'utilisation de la violence ne s'est pas posé pour ces personnes qui sont aujourd'hui en fuite.
Peut-on penser qu'il s'agit d'un acte isolé?
Isolé, oui, car c'est la première fois qu'un policier français est tué par un membre d'ETA [deux gardes civils avaient été abattus en décembre 2007 à Cap-Breton par un commando d'indépendantistes radicaux, mais ils étaient espagnols, ndlr]. Si l'organisation indépendantiste basque avait voulu s'en prendre pl




