Menu
Libération
Analyse

Darfour : opération vitrine de Béchir

Réservé aux abonnés

Soudan. Plusieurs otages ont été libérés grâce au régime, à moins d’un mois des élections générales.

Gauthier Lefèvre, un employé franco-britannique de la Croix-Rouge (CICR), est accueilli par des collègues à son arrivée à Khartoum le 18 mars 2010 (AFP Ashraf Shazly)
Publié le 19/03/2010 à 0h00

Libérations d’otages, signature en série d’accords avec les multiples groupes rebelles du Darfour : nul ne pourra dire que les autorités soudanaises ont ménagé leurs efforts pour ramener un semblant de calme dans la province en guerre depuis 2003 à l’approche d’élections générales, prévues en avril et dont Khartoum veut faire une vitrine.

Guérillas. Hier, l'employé franco-britannique de la Croix-Rouge internationale (CICR) Gauthier Lefèvre a retrouvé la liberté après cinq mois passés comme otage aux mains d'un mystérieux groupe armé intitulé les Aigles de libération de l'Afrique. C'est cette même organisation, dont certaines sources disent qu'il s'agit de bandits crapuleux derrière un paravent politique et d'autres une création des services soudanais, qui avait enlevé Olivier Denis et Olivier Frappé, de l'ONG française Triangle GH, libérés dimanche. Les enlèvements d'expatriés se sont multipliés après l'inculpation, il y a un an, du président soudanais Omar el-Béchir par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Simple coïncidence ? En tout cas, Gauthier Lefèvre dit avoir été détenu dans la région de Kebkabiya, fief des tribus arabes ayant fourni les milices supplétives du gouvernement au Darfour, les redoutés jenjawids.

Les seules revendications connues des Aigles de libération étaient un «changement de la politique française» à l'égard de la question tchado-soudanaise. Justement, le

Dans la même rubrique