L’heure de la sortie des classes à Issawiya : une nuée d’écoliers et d’adolescents envahit les ruelles de cette bourgade palestinienne étalée à flanc de coteau, sur le versant septentrional de la colline séparant Jérusalem du désert de Judée. L’heure aussi à laquelle les jeunes se regroupent parfois dans la rue principale pour lancer des pierres contre les policiers israéliens, visibles sur un terre-plein qui surplombe la localité. Car Issawiya, qui compte une dizaine de milliers d’habitants, fait partie de ces localités palestiniennes à la périphérie de Jérusalem, pauvres, mal desservies et peu intégrées au tissu urbain, annexées par Israël et rattachées aux frontières municipales. C’est à Issawiya, ainsi que dans le camp de réfugiés de Shouafat, un peu plus au nord, que les affrontements entre jeunes palestiniens et policiers israéliens, qui ont fait plusieurs dizaines de blessés la semaine dernière, ont été les plus violents. Ils ont même fait craindre le début d’une troisième intifada.
«J'y suis allé avec mes cinq frères. Un des jeunes a perdu un œil, un autre a pris une balle dans le pied, mais pour défendre la mosquée Al-Aqsa, je suis prêt à me battre tous les jours», lance fièrement Hassan, 12 ans, accoudé au comptoir poussiéreux de l'épicerie familiale. Sa mère, Azizeh, qui affirme souhaiter une troisième intifada, opine. «Je suis inquiète pour mes enfants, mais il faut bien que nous défendions nos sites religieux.» A l'origine de ces tensions, des r




