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Soudan : Béchir boycotté

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Présidentielle . Les principales forces de l’opposition se sont retirées de la course, privant l’actuel président d’un regain de crédibilité.

Le président soudanais Omar el-Béchir arrive à un meeting électoral avec sa femme le 13 février 2010 à Khartoum (AFP Ashraf Shazly)
Publié le 02/04/2010 à 0h00

Coup de théâtre au Soudan. En se retirant de la course présidentielle, l’opposition soudanaise a porté le coup de grâce à un processus déjà branlant. Mercredi soir, Yasser Arman, le candidat du SPLM (Mouvement populaire de libération du Soudan), principal parti sudiste, créait la surprise en annonçant son retrait du scrutin du 11 avril, le premier multipartite depuis 1986.

Le président soudanais, Omar el-Béchir, plus que jamais favori à sa propre succession, a vite compris que la défection de Yasser Arman, son principal challenger, était une mauvaise nouvelle. La présence d’un concurrent de poids mais n’ayant aucune chance de le vaincre était en effet le meilleur gage de crédibilité d’une élection dont Béchir a absolument besoin. Le président soudanais est en effet inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour par la Cour pénale internationale, qui a délivré un mandat d’arrêt à son encontre il y a un an. Seule une réélection aux apparences démocratiques est à même de lui donner un minimum de légitimité. C’est cet espoir que vient de pulvériser le SPLM, suivi par la quasi-totalité des autres partis de l’opposition, nordistes arabophones.

Depuis un moment, ils réclamaient le report du scrutin, exprimant de sérieuses réserves sur les listes électorales, par exemple au Darfour, où près de 2 millions de déplacés n’ont pas été enregistrés. Autres sujets polémiques : l’impression des bulletins de vote dans une imprimerie gouvernementale - et non à l’étranger co

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