Mercredi, Walid Joumblatt a rencontré à Damas Bachar al-Assad, le président syrien, qu'il avait notamment qualifié de «tyran» et de «serpent» suite à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005. Ces derniers mois, le leader druze, qui fut l'un des fers de lance du mouvement antisyrien puis un pilier de la coalition majoritaire, s'est rapproché, sans la rejoindre, de l'opposition libanaise, emmenée par le Hezbollah et soutenue par Damas. Cette visite en Syrie clôt plus de cinq ans de brouille.
Vous avez eu des mots très durs envers Bachar al-Assad. Comment vous a-t-il reçu ?
En entrant dans cet imposant palais présidentiel, il est vrai que j'étais un peu inquiet. Mais Bachar al-Assad a été très cordial, très amical. Nous avons discuté à bâtons rompus et il m'a dit : «Parlons, oublions le passé, l'avenir est plus important.»
Sur quoi vous êtes-vous mis d’accord lors de cette rencontre ?
Respecter les constantes suivantes : protéger la résistance libanaise - c’est-à-dire le Hezbollah - contre toute possibilité d’agression israélienne, continuer à œuvrer pour la stabilité, la sécurité, le dialogue. Enfin, les Syriens sont prêts à délimiter les frontières entre nos deux pays en commençant par le Nord. Quant à la zone des fermes de Chebaa, étant donné que c’est un territoire occupé par Israël, il est impossible de tracer les frontières là-bas maintenant. Ce sera plus logique après la libération.
Concernant l’assassinat de votre père, Kamal Joumblatt, en 1977, que vous imputez aux Syriens, vous avez dit que vous aviez décidé de pardonner et d’oublier. Peut-on oublier l’assassinat d’un père ?
Je parle politique, géopolitique. Déjà, quand j'avais vu Hafez al-Assad en 1977 [à la fin de la période de deuil, ndlr], on avait scellé un pacte pour combattre les Isr




