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L’orgueil perdu de la diplomatie française

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ParBernard Guetta
membre du conseil de surveillance de Libération.
Publié le 07/04/2010 à 0h00

La France n’a plus de politique étrangère. Ce n’est pas que le bilan diplomatique de Nicolas Sarkozy soit totalement négatif. Ce président peut, au contraire, se flatter de deux réussites sur la scène internationale puisqu’il avait su faire de l’Union européenne l’instrument d’une médiation entre Russes et Géorgiens et que c’est lui qui était parvenu, surtout, à imposer à George W. Bush la réunion d’un sommet du G 20 pour faire face au krach de Wall Street.

Nicolas Sarkozy a fait voir le poids qu’aurait l’Union si elle était assez dirigée pour agir en puissance politique. Il a anticipé une évolution aussi nécessaire qu’inéluctable en élargissant le directoire mondial aux puissances émergentes. C’est également lui qui a amené l’Allemagne, puis l’ensemble de l’Union, à accepter le principe d’un «gouvernement économique» de l’Europe. Ce n’est pas rien. C’est même beaucoup si l’on compare ce bilan à celui de sa politique intérieure mais, au-delà d’une indéniable énergie et d’un instinct du moment, qui pourrait dire, aujourd’hui, ce qu’est sa politique étrangère ?

Avec la frénésie d’une droite atlantiste qui n’en pouvait plus d’enterrer le gaullisme, Nicolas Sarkozy a fait revenir la France dans le commandement intégré de l’Otan. Il l’a fait sans contreparties tangibles, sans même demander le moindre rééquilibrage entre l’Europe et les Etats-Unis au sein de l’Alliance atlantique, sans obtenir ne serait-ce que l’ouverture d’un débat sur les nouvelles missions d’une alliance qui s’ét

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