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Dubaï, un palmier à tuiles

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Fleuron du géant immobilier Nakheel, Palm Jumeirah, l’île symbole de la démesure de l’émirat, est devenue celui de son déclin. Et une galère pour ses habitants.

Décembre 2009, vue aérienne de Palm Jumeirah, l'île symbole de la démesure de Dubaï. (Reuters)
ParChristophe Ayad
Envoyé spécial à Dubaï
Publié le 08/04/2010 à 0h00

Quand il a emménagé sur la palme, Néjib Zbiri était le tout premier habitant de son quartier. Allée K, numéro 30. Une villa de deux étages, sol en marbre, près de 700 m2, terrain compris. La plage est à moins de 20 mètres, mais il y a une piscine privée. Dès le début, il y a eu un hic : «Lorsque j'allumais la lumière dans ma chambre, c'étaient les toilettes qui s'éclairaient.» Puis il y a eu plein d'autres hics. Certains pas très graves, juste agaçants : «Les commerces promis n'ont jamais ouvert. Pour acheter quoi que ce soit, il faut prendre sa voiture et retourner sur la terre ferme, à 7 km.» D'autres nettement plus inquiétants, comme le balcon d'un voisin qui s'est écroulé après de fortes pluies l'hiver dernier. «Quand il s'est plaint auprès du promoteur, on l'a renvoyé sur la société de construction… qui avait fait faillite entre-temps. Il en a été de sa poche.»

Palm Jumeirah, une île artificielle en forme de palme doublée d'une «gated community» (ensemble de résidences privées), est mondialement célèbre, au point d'être devenue le symbole de Dubaï : luxe, démesure, audace technique et une bonne dose de marketing. C'est aussi le fleuron de Nakheel, l'un des deux géants immobiliers de l'émirat. Confié dès sa fondation à un intime de l'émir, Nakheel résume la grandeur et la décadence de Dubaï, en proie à une quasi-banqueroute depuis la fin 2009. C'est la folie des grandeurs de Nakheel qui a creusé la dette de Dubai World, l'un

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