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Analyse

Une révolution anéantie par l’autoritarisme

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Les espoirs de 2005 n’ont pas résisté au népotisme du Président, Kourmanbek Bakiev.

Publié le 08/04/2010 à 0h00

Il y a cinq ans seulement, des milliers de manifestants marchaient sur le Parlement et le bureau du président dans la capitale, Bichkek. C’était la «révolution des tulipes», couronnant un cycle de révolutions de couleur qui avaient emporté, avant celui du Kirghizistan, les régimes autoritaires post-soviétiques de Géorgie et d’Ukraine.

Mais le grand chamboulement du 23 mars 2005 n’était finalement qu’une révolution de palais. Et Kourmanbek Bakiev, originaire du sud du pays, qui remplace à la tête de l’Etat l’ancien nomenklaturiste Askar Askaiev, président du pays depuis son indépendance en 1991, s’avère très vite aussi autoritaire que lui et au moins aussi corrompu. Elu avec 88,9% des voix en juillet 2005, cet ancien Premier ministre d’Akaiev passé dans l’opposition a été reconduit en juillet dernier à l’issue d’un scrutin très contesté par les observateurs internationaux.

Des manifestations attendues. Le mécontentement couve depuis des mois dans ce pays d'Asie centrale qui dispose de peu de ressources. Il est aggravé par la crise économique et les récentes mesures gouvernementales. Notamment la décision, prise au début de l'année, d'augmenter les prix de l'électricité et du chauffage central, respectivement de 100 et 500%. A la suite de cette décision, des ONG locales ont lancé une campagne nationale contre cette hausse et la privatisation de la compagnie d'électricité nationale. Elles ont également protesté contre l'augmentation du prix des télécommunications

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