Il est 15 heures. L'audience a été retardée de plusieurs heures en raison d'une coupure d'électricité privant le tribunal correctionnel de Mombasa de ses précieux ventilateurs. Myat Soe, le capitaine de nationalité birmane du navire marchand Safmarine Asia, s'avance d'un pas résolu vers la barre des témoins de la cour de justice numéro 3.
«- Vous souvenez-vous de la journée du 14 avril 2009 ? interroge le procureur kényan Jacob Ondari.
- Oh oui, pas possible d’oublier…»
Dans un anglais laborieux, le capitaine relate les trois tentatives d'attaque infructueuses menées par les pirates somaliens contre son bâtiment de commerce battant pavillon libérien, à 900 kilomètres des côtes somaliennes. L'équipage a pu envoyer un signal de détresse intercepté par le Nivôse, frégate française participant à Atalante, l'opération antipiraterie de l'Union européenne. Après avoir pisté les pirates, grâce à un hélicoptère de surveillance Panther, le navire français est parvenu à arrêter les onze flibustiers naviguant sur un bateau mère, contenant 17 fûts d'essence et deux skiffs (des navires plus légers).
«Vous auriez eu peur». Le 22 avril, les pirates présumés ont été remis à la justice de Mombasa en vertu d'accords signés il y a un an entre l'UE, les Etats-Unis et les autorités kényanes. Les autorités ont également saisi 4 kalachnikovs d'un aspect artisanal et 200 munitions. Mais il y a une semaine, Nairobi annonçait vouloir arrêter ces procès.




