L’avantage est aux «chemises rouges». Après presque un mois de manifestations, qui ont paralysé en partie la capitale et forcé à la fermeture de centres commerciaux, les partisans de l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra ont pris l’ascendant dans le long bras de fer qui les oppose au gouvernement d’Abhisit Vejjajiva. Après avoir fait irruption dans le Parlement jeudi, ils ont repris vendredi le contrôle de leur station de télévision des mains de la police anti-émeute. L’usage des canons à eau et gaz lacrymogènes et le déploiement de milliers de militaires et policiers a renforcé l’impression d’un pouvoir piégé, qui a déjà accepté de négocier des élections anticipées, mais pas avant la fin de l’année, sans ramener le calme.
Les racines de cette crise sont profondes. Pendant des décennies, les habitants des provinces rurales ont peu profité de la croissance économique qu’a connue le pays. Alors qu’une classe moyenne importante émergeait à Bangkok, sûre de ses droits politiques et de son statut social, les paysans de province, traditionnellement soumis à l’autorité dans le cadre d’un système paternaliste, méprisés par les citadins, sont restés cantonnés dans un statut de citoyens de seconde classe. Les gouvernements successifs ont délaissé l’agriculture pour investir massivement dans l’industrie et la finance, creusant le fossé social.
Quand Thaksin Shinawatra est arrivé au pouvoir en 2001, il a multiplié les programmes sociaux et les mesures populistes - couverture santé univ




