Les élections générales, qui vont se tenir de dimanche à mardi au Soudan, étaient censées être la clef de voûte des accords de paix de Nairobi, signés en janvier 2005 après un quart de siècle de guerre civile entre le nord et le sud. Une étape cruciale sur la route d’un Soudan démocratique et multipartite où musulmans et chrétiens, Arabes et Africains pourraient enfin cohabiter harmonieusement au sein du plus grand pays d’Afrique et partager équitablement ses richesses potentielles, pétrolières mais aussi agricoles. Las, une autre guerre civile - cette fois-ci au Darfour -, la mauvaise foi du pouvoir en place, la mort accidentelle du seul leader sudiste ayant une envergure nationale, John Garang, et les incohérences de la communauté internationale ont ruiné cet espoir. Et les élections de dimanche, pourtant les premières multipartites depuis 1986, s’annoncent comme un remède pire que le mal.
Ce scrutin d’une complexité sans nom - les électeurs sont appelés à désigner le président de la République, l’Assemblée nationale, les assemblées régionales et leur gouverneur - est non seulement vidé de sens par les manipulations du parti au pouvoir et le boycott subséquent des principaux partis d’opposition, mais il va aggraver une situation déjà très volatile. Sans compter le discrédit qu’il jette sur la communauté internationale.
Contradiction. Prenons l'Union européenne : elle a envoyé quelque 150 observateurs censés vérifier la transparence d'un scrutin taillé sur me




